Lina Scheynius est suédoise, travaille essentiellement pour des magazines de mode, une intermittente des strass et paillettes qui navigue entre Paris et Londres. De temps en temps, elle opte pour ce plaisir solitaire qu’est la photo artistique. L’intimité de l’espace, espace de l’intimité, elle navigue ainsi en eau semi-trouble. Fortement suggestive, fortement érotique, borderline sans l’être trop.

D’autres photos de cette artiste sont disponibles sur son site.



Sous les pixels, la plage.
Après trois ans et quelques mois, il est temps de rêver à d’autres formes littérales et de clore un chapitre. This Women Coil aura été une parenthèse amusante, un façon de nous et vous inviter à voir la musique sous un prisme différent. Mais un blog se doit d’avoir une vie courte, nous détestons l’idée même de nous installer durablement quelque part, de voir les choses sous un seul et unique angle, d’être prisonnier d’une quelconque image et au final, d’avoir l’impression de dire toujours la même chose. Nous espérons que vous avez eu autant de plaisir à nous lire que nous avons eu Eleria, Khalis et moi à vous raconter, de façon très chaotique, la musique au féminin. Très franchement au départ, je ne pensais pas que l’aventure durerait aussi longtemps. Aussi, je remercie mes deux camarades qui ont du se creuser les méninges pour trouver des artistes intéressantes à vous faire écouter, je remercie Junko d’avoir prêté sa belle plume le temps d’une respiration et je remercie les quelques 150 lecteurs quotidiens qui ont eu l’amabilité de venir lire nos quelques mots.

Voilà.

This is the end, my dear friends.



Artiste : Edith Massey
Single : Big Girls Don’t Cry
Pays : Etats-Unis
Genre : Garage, punk-rock

Lady, My Lady… L’autre soir avec Khalis on se faisait une soirée spéciale “bad tastes”. Les enfants casés chez les grands-parents, les femmes sorties entre filles, nous voilà, comme deux pirates, en train de lorgner sur la DVDthèque. Se faire une nuit John Waters ne nous a pas effleurés l’esprit de suite. Cependant, Pink Flamingos et Hairspray nous faisaient irrémédiablement de l’oeil, aussi nous entamâmes notre soirée avec Divine et Edie
Haaaaa ! Edie… Edie… Si Divine fut dans la constellation Waters un des firmaments, Edith Massey a su plus que toute autre actrice attirée l’attention de manière définitive. Les deux femmes se fichaient pas mal des convenances mais il y avait chez Edie, ce petit côté old fashion qui fit que la fiction, incarnée dans les films de Waters, dépassèrent bientôt la réalité.

La preuve est le groupe qu’elle forma en 1982 Edie and The Eggs, dont le nom sort tout droit de Pink Flamingos. On s’en tiendrait là, laissant ce 45 tours aux bacs à solde, si ce n’était cette étrange faculté qu’Edith Massey avait d’attirer l’attention sur elle. Car ce single est tout de même assez révélateur d’un état d’esprit provocateur (vous en connaissez beaucoup des femmes qui à 64 ans chantent du punk-rock ?) et puis, n’oublions pas que ce fut l’occasion pour Gina Schock, future batteuse de The Go-Go’s, de commencer à battre de la semelle et de la caisse claire.

[A écouter]

Edith Massey - Big Girls Don’t Cry

Edith Massey - Punks, Get Off The Grass



Cute, n’est-ce-pas ?



Artiste : Mary Lou Lord
Album : Martian Saints
Label : Kill Rock Stars
Pays : Etats-Unis
Genre : Indie Pop, Rock, Folk

En 1993, lorsque je traînassais mes vieilles guêtres dans une ville du nord de l’Europe, je n’avais qu’une seule et vieille K7 dans mon walkman fatigué le Inflammable Material de qui on sait. Urgence du moment, urgence de la musique, j’avais la sale sensation d’avoir 15 ans de retard sur ce qui s’était passé. Je ne supportais que très peu la vague brit-pop et je me sentais pris au piège d’une boucle temporelle. En 1993, je ne hantais pas le disquaire de Talbot Road comme je le ferai quelques années plus tard (et comme Eleria le fait aussi). C’est au travers d’une compil de Kill rock Stars que j’ai découvert Mary Lou Reed, mais franchement je ne m’attendais pas à avoir le coup de foudre pour cette chanteuse quand débarqua le single Some Jingle Jangle Morning, hommage à peine déguisé à Kurt Cobain. Tout était parfait dans cette chanson : la voix, les guitares, la mélodie et ce côté fait maison… en 1998, elle ré-enregistra ce morceau pour son album Got Not Shadow avec un nouvel arrangement, mais il n’atteint pas les sommets de ce premier enregistrement. J’ai beau l’écouter et le réécouter, il m’ennuie… vite la version 93 !
En 1997, elle poursuit sa carrière en dent de scie en croisant le chemin d’un déjà grand écorché de la vie, Elliott Smith. Il lui écrira deux chansons dont ce I Figured You Out planqué au fin fond de ce EP Martian Saints. Pour entendre l’autre, il vous faudra acquérir les XO sessions avec la version smithienne. Aujourd’hui, Mary Lou Lord continue son petit bonhomme de chemin au sein d’une major, je n’ai jamais plus retrouvé chez elle le sentiment d’urgence de ce premier titre. Mary Lou Lord ronronne et susurre ses petites chansons. Dommage.

[A écouter]

Mary Lou Lord - Some Jingle Jangle Morning (When I’m Straight) v93

Mary Lou Lord - Some Jingle Jangle Morning (When I’m Straight) v98



Artiste : Various Production
Album : The World Is Gone
Label : XL Recordings
Pays : Angleterre
Genre : Dubstep, électronique

Various Production est un duo anglais, dont on ne sait rien, formé en 2003. Seuls les prénoms sont parvenus jusqu’aux oreilles d’une presse qui a choisi (pour une fois) de n’écouter que les morceaux du groupe.
Mélangeant sans complexe, le hip-hop, la folk automnale et à l’électro catchy, l’arrivée sur les platines de l’album The World is Gone ne passa pas inaperçu et suscita un étrange intérêt de par le refus du groupe de donner la moindre interview. Cependant, Various Production livra un des albums les plus surprenants par la richesse des styles abordés. De la voix douce folky de ces dames au trip hop barré, l’arc-en-ciel musical pourrait dérouter l’auditeur habitué à des productions plus rectilignes.

L’album s’ouvre sur Thunnk, un morceau de dub électronique qui ne dépareillerait pas sur un album d’Ez3kiel, suivi d’une douce lamentation folk, Circle of Sorrow, plus proche des bardes celtes que du trip-hop bristolien.

Et c’est ainsi tout le long de l’album, le duo alterne les styles, joue avec les sonorités de différents univers, caresse d’un clavier NIN puis ne se gêne pas à suivre les traces de Vashti Bunyan. L’exercice se révèle au final d’une maturité musicale rafraîssante.


[A écouter]

Various Production - Circle of Sorrow

Various Production - Don’t Ask




 

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      Ce blog a pour but de vous faire découvrir la musique d'artistes féminines. Les morceaux sont disponibles pendant une quinzaine de jours et destinés à promouvoir ces artistes. Si vous appréciez la démarche, achetez leurs disques et supprimez de votre disque dur les mp3 téléchargés au bout de 48 h. Si vous détenez les droits sur les titres présentés, prévenez-moi par mail (ThisWomenCoil_at_gmail.com) et ils seront retirés immédiatement

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