
Après avoir goûté à l’amertume de certains fruits, une envie subite de fêter l’inversion des saisons nous a étreint et quoi de plus naturel de le faire avec un air dégagé de païens endurcis. Aujourd’hui nous célébrons Gaïa, Mère Nature et les Dieux Anciens. Rassurez-vous, nous n’avons pas succombé au discours vénéneux d’une quelconque secte new-age-post-apocalyptique, mais uniquement au charme irrévérencieux de quelques psych-dark-weird-neo folkeux.
Qui n’a jamais vu le terrible film d’Anthony Shaffer, The Wicker Man, sorti en 1973, ne peut comprendre l’émotion certaine qui nous prend à la vue de ce film et à l’écoute de son extraordinaire bande originale, signée Paul Giovanni. Le film raconte l’enquête d’un policier britannique (joué par Edward Woodward) sur l’étrange disparition d’une petite fille. Cela le conduit à une île privée, sur laquelle les habitants vivent sous la bonne houlette du maître des lieux, Lord Summerisle (interprété par l’inoubliable Christopher Lee), fervent défenseur d’un culte paganiste. Entre érotisme délié, confrontation entre deux cultures, voire civilisations, The Wicker Man doit aussi son succès à sa musique, véritable panorama de ce qui faisait de mieux entre une folk traditionnelle et la toute jeune scène britannique, représentée dans le film par ce qui deviendra sa référence musicale, The Wicker Man Song, plus connue sous le titre de Willow’s Song. Britt Ekland invite, d’un chant mutin, au policier fraîchement arrivé dans l’île, par mur interposé, à la retrouver dans sa chambre pour faire l’amour.
Chanson directe (on ne s’embête pas avec les métaphores ici), symbole surtout d’une époque, Willow’s Song est devenu un classique, repris ici et là, avec plus ou moins de bonheur. Une chose est sûre est que ses différents interprètes ont toujours respecté la trame originelle : le type de voix, la guitare et d’un point de vue plus générale, l’orchestration. Non pas par manque d’originalité, mais comme vous vous rendrez compte par vous-même, il est difficile de faire mieux que l’original.
[A écouter]
Sneaker Pimps - How do (extrait de Becoming X)
Isobel Campbell - Willow’s Song (extrait de Milk White Sheets)
Anna Oxygen - Willow Song (extrait de This is an exercise )
Nature and Organisation - Wicker Man Song (extrait de l’EP A Dozen Summers Again)
Faith and The Muse - Willow’s Song (extrait de The Burning Season)
et l’original :
Britt Ekland - Willow’s Song (extrait de The Wicker Man, musique de Paul Giovanni)
Et si jamais, vous êtes tenté par le film, en voici la bande annonce (et un conseil, évitez le remake de 2006 avec Nicolas Cage et Ellen Burstyn) :
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Candidate a fait un album entier, ‘nuada’, inspiré par la musique de the Wicker Man.
Pas leur meilleur disque, mais intéressant.