Artiste : Karen Finley
Album : Karen Finley - Tales of Taboo
Label : Pow Wow Records
Pays : Etats-Unis
Genre : Electronique
Il ait des moutons noirs qu’on aimerait oublier à jamais, cacher dans un placard, suspendre au fond de la penderie. Certains artistes (dont fait partie Karen Finley) adorent provoquer, être obscènes, bousculer les genres et les esprits, rendre volontairement les gens mal à l’aise. On oublie souvent que l’une des fonctions de l’art est de bousculer durement nos convictions les plus intimes. Karen Finley n’est pas en reste dans cette galerie de déjantés. Performeuse, comédienne, auteure, musicienne, poétesse, l’américaine n’en finit plus depuis les années 80 de déranger, d’utiliser son corps comme pièce essentielle dans ses performances : elle s’est ainsi une fois badigonné le corps nu de son propre lait maternel, dénonce dans ses lectures les abus sexuels, le sida et tout ce qui a attrait à la sexualité. Il ne faut donc pas s’étonner que l’Amérique puritaine l’ait maintes fois censurée, la qualifiant volontiers d’obscène. En tant que musicienne, Karen Finley sortit en 1986, un Ep Tales of Taboo, qui connut son heure de gloire. Le titre Tales of Taboo est une reprise de Sleeper in Metropolis d’Anne Clark, mais les paroles de Karen Finley évoquent davantage les perversions sexuelles et l’envie de baiser que la dénonciation de la guerre. Dit ainsi, on se rapprocherait plus de la grande époque de Nina Hagen que la new-wave d’Anne Clark.
Au final, ça donne un maxi de 4 titres de musique électronique qui ne démériterait pas dans toute discothèque un peu pointue dans ce domaine. L’apport de Karen Finley tient plus du détournement, elle réussit à transformer la Cold Wave en quelque chose de plus bestiale et organique, tout en conservant ce côté froid, presque industriel. Je parie que le Marquis de Sade aurait adoré…
[A écouter]
Karen Finley - Tales of Taboo
Karen Finley - Belgian Waffles
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